
Sécurité, premier échec de la majorité UMP.
La majorité UMP a souhaité développer l’opération voisins vigilants dans le quartier de la Mastelle. Il
s’agit de charger certains habitants de veiller sur le quartier et principalement aux maisons de leurs
voisins. Selon la présentation organisée par l’Adjointe à la Sécurité, cette organisation n’a que des
avantages pour éloigner les voleurs. Mais après deux courriers dans les boîtes aux lettres et deux
réunions d’information, les habitants de la Mastelle ne sont qu’une vingtaine à répondre
favorablement à ce projet. C’est très loin des 70 nécessaires pour mettre en place l’opération d’après
les autorités. C’est donc un échec flagrant, résultat logique d’un aveuglement idéologique qui n’a pas
voulu voir les nombreux problèmes posés par cette opération. Certes les maires qui ont mis en place
ce dispositif préfèrent expliquer à la télévision les avantages du dispositif plutôt que ses échecs et la
municipalité n’a pas voulu comprendre les problèmes, alors précisons ces problèmes.
Le premier problème consiste à dénaturer la relation de voisinage. Nous savons tous qu’un bon
voisinage nécessite que chacun respecte son voisin et sache garder une certaine distance, ne pas se
mêler et ne pas regarder sont les pierres angulaires du bon voisinage. Mais être voisin vigilant s’est
justement regarder et surveiller. La relation de voisinage est alors mise en danger et l’équilibre
patiemment construit par les voisins peut être remis en cause. Encouragée par une autorité
extérieure, pour vouloir bien faire, le voisin vigilant peut en faire trop aux yeux de son voisin. Qui
veut prendre le risque de perdre la chaleur d’une relation de voisinage ? A priori peu d’habitants de
la Mastelle. Nous sommes d’ailleurs étonnés. S. Piednoir a souvent écrit dans ses comptes rendu de
visite dans les quartiers que certains habitants ne respectent pas leur voisin. Il aurait été mieux
inspiré de réfléchir à comment améliorer les relations de voisinage plutôt que de vouloir mettre en
place un dispositif problématique. Lorsque les relations ne sont pas déjà très harmonieuses, je doute
que ce dispositif les améliore. Et c’est M. Piednoir ou Mme Pain qui vont dire qui surveille qui ?
Le deuxième problème est relatif aux personnes à surveiller présentée par les autorités, les
colporteurs et autres démarcheurs sont les premiers sur la liste. Cela se comprend aisément puisque
c’est souvent une tactique utilisée par les voleurs que de se faire passer pour des démarcheurs.
Viennent ensuite toutes les personnes qui ne sont pas du quartier. Toutes les personnes non
résidentes doivent donc être signalées aux autorités publiques. Et puis la liste comprend aussi tous
les regroupements de jeunes. Evidemment il s’agit des jeunes du quartier sinon il est inutile de
préciser vu la catégorie précédente qui traite des extérieurs au quartier. Les jeunes du quartier
seraient donc forcément suspects de quelque chose dès lors qu’ils se réunissent ? Appartenir à une
certaine classe d’âge serait le début d’un délit ? Enfin, demander à certains voisins de surveiller nos
enfants suspects par nature comment peut-on osera voir une telle idée dont on imagine assez les
conséquences.
Le dernier problème qui nous fait réagir est une certaine inefficacité de cette mesure. De l’aveu
même des autorités publiques le dispositif pousse simplement les voleurs à aller voir ailleurs. Cela ne
réduit pas le nombre de cambriolages, cela les déplacent. Les autorités publiques l’ont reconnu lors
de la première réunion d’information qu’ils ont organisée. Et le report le plus probable à leurs yeux
est vers le quartier du Val. Voici donc une politique qui n’a pour objectif que de déplacer le problème
d’un quartier de Montreuil vers un autre quartier de Montreuil. Qui peut souscrire à une telle
politique ?
Le thème de la sécurité est un thème sérieux mais très complexe et très technique. C’est un thème
qui permet à certains de faire de grandes et belles déclarations politiciennes. Mais pour quel
résultat ? La police de proximité a permis d’obtenir des résultats. Nous avons découvert lors de la
réunion d’information que la gendarmerie dispose de nombreux conseils utiles à donner aux
Montreuillais(e)s, pourquoi ne pas organiser des réunions d’information ? C’est un travail de fourmis
moins visible, moins susceptible de faire un article dans la presse mais sûrement plus utile.

